Hamm (Allemagne), reportage
« Ma première expérience de désobéissance civile, c’était contre le parti d’extrême droite AfD à Giessen. Ma seconde action, c’est ici, à Hamm, pour lutter avec Ende Gelände [mouvement écologiste de désobéissance civile allemand] et les autres contre le retour du gaz », raconte Charlotte, étudiante en médecine de 22 ans, qui se rafraichit à l’ombre d’une tente du « Klimacamp » de Hamm.
Celui-ci a installé ses quartiers du 24 mai au 2 juin, sur le site d’une ancienne mine de charbon dans les faubourgs de cette ville moyenne de Westphalie, tout juste connue pour être un nœud ferroviaire stratégique. Le mot d’ordre de la semaine est « un avenir plutôt que du gaz », dans un contexte de regain de mobilisation des associations écologistes, notamment contre la politique de pro-gaz prônée par la ministre conservatrice de l’Économie, Katherina Reiche.
Le choix de ce lieu un peu éloigné des grands centres urbains, pour la première grande protestation climatique de l’année, par un collectif de grandes organisations environnementales fait sens. Hamm est située en bordure nord de la région de la Ruhr, une ancienne région minière toujours industrielle et truffée de centrales thermiques à gaz et à charbon. C’est aussi là que l’électricien allemand RWE doit bientôt construire trois des vingt à trente nouvelles centrales à gaz prévues par Berlin pour « assurer le backup » des réseaux électriques allemands.
Trop lentement développés et modernisés, ces derniers sont inadaptés à absorber les pics et les creux d’une production d’énergie renouvelable qui couvre déjà 58 % de la production électrique allemande mais reste soumise aux aléas climatiques.
Une dépendance aux énergies fossiles
Plutôt que d’appuyer sur l’accélérateur et de développer ces réseaux, goulets d’étranglement n° 1 de la transition énergétique allemande, la…
Auteur: Thomas Schnee

