Panthéoniser Robert Badinter, sans piétiner sa lutte pour l’État de droit

En cette date symbolique du 9 octobre 2025, jour anniversaire de l’abolition de la peine de mort, Robert Badinter, doit faire son entrée au Panthéon. Homme de tous les combats et inébranlable défenseur de l’État de droit, Robert Badinter a toujours agi comme puissant modèle pour les générations d’avocats qui se succèdent et au-delà. Si l’illustre et regrettée Mireille Delmas-Marty parlait des « forces imaginantes du droit », il en est l’une des principales « forces inspirantes ».

À travers sa panthéonisation, s’opère notamment la rencontre entre l’incarnation du combat abolitionniste, toujours d’actualité dans certaines parties du monde, et la symbolique d’un endroit intemporel qui nous lit en tant que nation. Dans cette époque exceptionnellement troublée, où les institutions vacillent, il serait dommageable de relativiser ce que représente un tel événement.

Une des pages du discours de Robert Badinter à l’Assemblée nationale en faveur de l’abolition de la peine de mort, le 17 septembre 1981. (Source : Gallica.)

Il marque la reconnaissance pour les engagements et les idéaux, à l’heure où un certain nombre de citoyens manquent de repères et regrettent la dégradation de valeurs universelles. Le fait de ne pas relativiser l’importance de cette consécration pour l’histoire ne doit cependant pas conduire à faire l’impasse sur les circonstances très particulières dans lesquelles elle intervient.


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Si le mérite de Robert Badinter à prétendre à la reconnaissance nationale est indéniable, sa panthéonisation ne doit pas faire oublier la tentation récurrente, pour nos gouvernants, de s’emparer des symboles pour en piétiner en pratique…

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Auteur: Vincent Brengarth

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