Quelles que soient les décisions prises au sommet 2023 de l’Otan à Vilnius, qui se sera achevé ce mercredi 12 juillet, elles auront la couleur décidée par les États-Unis. L’Union européenne, et surtout ses deux principaux piliers, la France et l’Allemagne, paye de sa vassalité, et pour longtemps, sa faiblesse politique passée face à la Russie.
Washington va fournir à Kiev des bombes à sous-munitions ? Les deux tiers de ses partenaires de l’Otan, signataires de la convention d’Oslo de 2008, ont interdit ces armes, qui libèrent aveuglément une tornade de projectiles, y compris sur les populations civiles. Ces pays s’abritent derrière un maigre paravent juridique : ni les États-Unis ni l’Ukraine n’ont signé le texte. Et la décision de Joe Biden, qu’il qualifie de « très difficile », arrange bien l’UE : les stocks d’armes occidentales disponibles pour l’Ukraine s’asséchant, ces bombes plus dégueulasses que les autres permettraient d’accentuer la pression sur les coriaces lignes de défense russes dans l’Est ukrainien. Les États-Unis, c’est un classique, imposent leur pragmatisme à une Europe qui serait malvenue de chipoter avec le poids lourd qui débourse les deux tiers du budget de l’Alliance atlantique.
Les États-Unis imposent leur pragmatisme à une Europe qui serait malvenue de chipoter.
La rencontre dans la capitale lituanienne avait entre autres pour objectif plus global de définir un plan à long terme pour l’Ukraine – aide financière, livraison d’armes, formation, etc. Pour les États-Unis, le but de guerre est clair depuis des mois : défaire l’armée russe. Et le rocambolesque épisode de déstabilisation de Vladimir Poutine provoqué par la rébellion d’Evgueni Prigojine, le patron des mercenaires de Wagner, est une opportunité qu’il faut exploiter à fond. Emmanuel Macron, après avoir un temps mis en garde contre le risque…
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Auteur: Patrick Piro

