Au matin du troisième jour du soulèvement consécutif à l’exécution d’un adolescent de 17 ans par un policier, Emmanuel Macron, chef de l’État français, constatant qu’il allait sans doute avoir un peu de mal à livrer dans les temps l’« apaisement » qu’il avait promis deux mois plus tôt, a produit ce tweet : « Un tiers des personnes interpellées la nuit dernière sont des jeunes, parfois très jeunes. J’appelle les parents à la responsabilité. » Son ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, en a lui aussi appelé à la « responsabilité » pénale et morale des parents, exigeant qu’ils « tiennent leurs gosses ». Puis il a promis, comme l’a relevé Franceinfo, une réponse judiciaire « rapide, ferme et systématique » à l’encontre de ces jeunes – parfois très jeunes – « auteurs de violences urbaines », mais aussi « de leurs parents ».
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Et bien sûr on pourrait – c’est tentant – se contenter ici de moquer ce paternalisme discrètement halluciné, où des gens qui se présentent à longueur de temps comme des politiciens réfléchis (et, justement, responsables) se défaussent si vilement de leurs manquements à leurs propres obligations – comme celle d’en finir avec les violences policières. Mais la vérité oblige à reconnaître qu’il y a effectivement des parents qui font parfois montre, lorsqu’ils se trouvent confrontés aux transgressions des petits – et parfois très petits – personnages dont ils ont la charge, d’un laxisme un peu exaspérant, et qu’il arrive même que ces ascendants excessivement latitudinaires (1) abdiquent tout à fait leur responsabilité pénale et morale : c’est le cas, notamment, de Papa Macron.
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Auteur: Sébastien Fontenelle

