Sur l’immense parking vide de la papeterie Chapelle-Darblay, à Grand-Couronne (Seine-Maritime), Cyril Briffault, délégué syndical CGT et papetier depuis 1998, attend un coup de fil qui ne vient pas. Vendredi 23 mai devait être LE jour. Celui de la réponse tant espérée de la Banque publique d’investissement française – Bpifrance –, concernant un prêt de 27 millions d’euros. Une aide publique, dernière pièce du puzzle pour relancer la production. Pour l’instant : silence radio. Encore.
Depuis bientôt six ans, la CGT et des anciens salariés, soutenus par les élus de l’agglomération rouennaise et des ONG comme Greenpeace, se battent pour redonner vie à ce site presque centenaire, fleuron industriel du papier recyclé. « On a été accusé d’être une “usine sous perfusion” mais c’est faux. Il faut quand même rappeler que le site n’a pas fermé pour déficit économique, mais pour des raisons de “compétitivité” », rappelle Cyril Briffault, amer. En 2019, la multinationale UPM, ancienne propriétaire du site, décide de fermer l’usine et met sur le carreau 230 employés.
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En 2022, après deux années de mobilisation, une solution émerge : le groupe Fibre Excellence, filiale française du groupe canadien Paper Excellence, se dit prêt à reprendre le site. Le projet est ambitieux – 245 millions d’euros d’investissements prévus avec plus de 200 emplois à la clé – mais réaliste. L’industriel conditionne cependant son engagement à une garantie de la puissance publique : un prêt de 27 millions d’euros. Deux ans plus tard, malgré les promesses de Jean Castex et Bruno Le Maire notamment, rien ne se passe.
« C’est le quatrième premier ministre…
Auteur: Thomas Lefèvre

