Paquebots de croisière : pourquoi les maires sont impuissants

La scène était digne d’un film d’action. Le 3 juillet, Christian Estrosi est parti à l’abordage du paquebot Voyager of the Seas, mastodonte de plus de 300 mètres de long en mouillage dans la rade de Villefranche-sur-Mer, avec ses 3 114 passagers. À bord d’un semi-rigide, le maire (Horizons) de Nice et président de la métropole a lancé à l’équipage en anglais : « Vous n’êtes pas autorisés à être ici, vous serez lourdement condamnés pour ça. Vous n’êtes personne. » Avant de poursuivre en français : « Oh ça va hein, stop, cassez-vous ! » La séquence filmée par France 3 Côte d’Azur a été une opération de communication réussie.

Sauf qu’elle n’a rien changé : le paquebot, dans son bon droit, n’a pas bougé. Aucun arrêté de limitation des croisières n’avait été pris à ce moment-là, a indiqué la préfecture maritime. Christian Estrosi en a publié un quelques jours plus tard, le 9 juillet, pour interdire les bateaux de plus de 450 passagers à Nice, et limiter à Villefranche-sur-Mer à 65 navires de plus 2 500 passagers par an et pas plus d’un par jour. Le tout au nom de « l’urgence climatique, la protection de la biodiversité marine, la promotion d’un tourisme raisonné et la protection du patrimoine ».

Celui-ci a été suspendu par le tribunal administratif de Nice le 13 juillet, considérant que l’élu n’était « pas compétent pour édicter de telles mesures ». S’il peut interdire ces bateaux dans le port et à 300 mètres du littoral, au-delà de ce rayon, c’est l’État — représenté par le préfet maritime — qui est compétent pour agir.

« Son abordage était insensé, il savait très bien qu’il n’était pas dans les clous », estime Juliette Chesnel-Le Roux, présidente du groupe écologiste à la mairie de Nice et à la Métropole. L’élue pointe aussi le manque de…

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Auteur: Jeanne Cassard

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