Apparu en Europe à la fin du XIXe siècle, en réaction à l’industrialisation massive et à l’urbanisation galopante, le naturisme s’est largement répandu au cours du XXe siècle et rallie encore aujourd’hui un nombre important d’adeptes. Très prisé dans l’espace germanophone, il a pourtant trouvé son principal terrain d’élection en France, particulièrement – climat oblige – sur la côte méditerranéenne et certaines îles voisines.
Dans l’imaginaire collectif chrétien occidental, le paradis évoque communément le couple Adam et Ève batifolant, corps nus ou presque, à travers un jardin luxuriant. Les personnes qui expérimentent le naturisme tendent, peu ou prou, à retrouver quelque chose de cet éden, aussi fantasmatique soit-il – ce que suggère bien le titre, « Paradis naturistes », de l’exposition proposée actuellement par le Mucem, la première en France sur le sujet.
Reflet
Réunissant éléments documentaires (photos, livres, revues, cartes postales, fanions, plans, affiches, tracts, extraits de films…) et œuvres artistiques, elle s’attache à présenter, au-delà des clichés, une pratique aux formes et aux motivations diverses dont l’évolution reflète celle des mœurs et des normes. Le parcours propose un préambule avec un mur arborant un florilège de revues naturistes qui témoignent de la popularité de cette pratique (contre-)culturelle autant que de sa capacité de stimulation intellectuelle.
La première partie se consacre aux expériences fondatrices de naturisme, menées entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, dans lesquelles la quête du paradis perdu et d’un mieux-être idéalisé se révèle primordiale. À cette époque…
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Auteur: Jérôme Provençal

