Dans « Les chiens » (dont on a parlé ici il y a peu) l’immense Alain Jessua décrivait la petite bourgeoisie urbaine prise de rage sécuritaire. Trois ans plus tard, dans « Paradis pour tous » (1982), il récidivait dans l’audace visionnaire en s’emparant du culte naissant de l’apparence et de la performance heureuses, avec ses contrepoints cachés : le mal-être et la dépression. Fidèle à sa méthode, Jessua pousse le curseur du phénomène en cours, et prophétise une société peuplée de citoyens malades à en crever, bombardés d’injonctions au bonheur impossibles à suivre sauf à détruire tout ce qui fait d’eux des êtres humains. 43 ans après, on y est presque…
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Crédits photo/illustration en haut de page : Margaux Simon
Auteur: Blast

