Le président conservateur du Paraguay, Santiago Peña, a annoncé jeudi 5 novembre sa démission, dans la foulée d’un scandale bancaire affectant près de 3 millions d’épargnants, qui a dégénéré en crise politique dans ce pays allié des États-Unis.
Son vice-président Pedro Alliana, 52 ans, issu du même parti Colorado, paraissait voué à assumer la présidence du pays de 6,5 millions d’habitants. Le Parlement, réuni en session extraordinaire dans l’après-midi, devait auparavant formellement accepter la démission de Santagio Peña.
« J’ai pris la décision de présenter ma démission de la présidence de la République », a annoncé Santiago Peña, au pouvoir depuis 2023, dans une vidéo sur X. « Je le fais en pensant à la stabilité de notre pays, à la paix sociale et à la nécessité de préserver nos institutions démocratiques. »
L’annonce intervient 48 heures après l’éclatement d’une crise bancaire, qui a vu la Banque centrale du Paraguay (BCP) mettre sous tutelle Ueno Bank, entité financière revendiquant 2,94 millions de clients, dont les dépôts ont été gelés temporairement.
Procès, ou démission
Santiago Peña avait jusqu’à l’an dernier des actions dans une holding détenant cette banque, à la croissance rapide ces dernières années. La crise de Ueno a déclenché la colère de petits épargnants, qui mardi ont fait le siège à Asuncion d’agences de la banque. Puis ont de nouveau manifesté mercredi soir aux abords du Parlement, où des centaines de personnes ont réclamé la démission de Santiago Peña aux cris de « Santi fuera ! » (Santi dehors), donnant lieux a des heurts avec la police.
« Ueno nous avait approuvé un prêt pour notre première maison. Mais ils n’ont jamais versé l’argent, maintenant nous n’avons plus où vivre », se lamentait auprès de Nadia González, 26 ans, mère de trois enfants.
Au moment de l’annonce de Santiago…
Auteur: La Croix (avec AFP)
