Parcoursup : conseils de désorientation

S’il y a bien un sujet dont il est difficile de parler en France, c’est l’école. On en bavarde évidemment, on s’en plaint même beaucoup mais toujours et presque immédiatement on se retrouve face à une contradiction qui apparaît insoluble . L’école, quand on n’y est pas ou plus, c’est la possibilité d’apprendre, de se former ; cette mythologie républicaine, méritocratique, imparfaite mais pleine de bons sentiments. Lorsqu’on y est, qu’on y est soumis ou qu’on y travaille, c’est à une toute autre réalité que l’on doit se confronter : l’école comme institution qui discipline les corps, calibre les subjectivités, trie, ordonne, sélectionne et parfois broie la vie, les « compétences » et les aspirations de millions d’enfants. On se retrouve alors tiraillé entre la nécessité d’y croire pour y survivre et l’impossibilité d’y échapper faute de dehors. Si l’on peut reconnaître un seul mérite à l’opacité du dispositif Parcoursup, c’est d’avoir rendu transparent ce processus de sélection. Dans ce lundisoir, nous essayons de comprendre plus précisément ce qui se joue dans l’expérience de cette plateforme. Comment les logiques d’auto-management imprègnent désormais chaque lycéen, comment les professeurs deviennent petit à petit les supplétifs de la sélection algorithmique, comment l’angoisse continue de l’évaluation devient une norme à laquelle on ne peut plus échapper.

Pour en discuter, nous accueillons Aïda N’Diaye, professeur de philosophie, Johan Farber qui vient de publier Parlez-vous le Parcoursup ? aux éditions du Seuil et Camille, lycéen auteur d’un article très remarqué sur lundimatin : Rejeter l’école, le quotidien de la génération Parcoursup.

A voir lundi 23 janvier à partir de 19h

https://www.youtube.com/watch?v=aE66Kgg61Bo

Il ne faut pas laisser le sujet aux « concernés », car on ne cherche pas une école alternative, mais bien une alternative à l’école. On ne peut que difficilement attendre l’apparition d’une jeunesse qui sera prête à renverser les autres structures oppressives, si on la laisse germer bien tranquillement dans ces structures disciplinaires. Désormais, il faut soit occuper les classes et résister, soit les déserter et résister quand même, soit les deux. En tous cas avant de faire cela il faut permettre à tous, élèves comme autres individus, de se rendre compte de la nature politique de ce qu’ils subissent au quotidien, pour balayer le fatalisme et permettre d’ouvrir le…

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Auteur: lundi-matin