Parentalité : ce qui distingue les humains des animaux

D’un point de vue biologique, le terme parent désigne la mère et le père qui sont les géniteurs du ou des petit.s à naître. Encore que, si la mère est sûre d’être à l’origine des bébés qui sortent de ses entrailles, un doute peut toujours s’installer concernant le père. Et ce quelle que soit l’espèce. C’est un phénomène bien plus fréquent qu’on l’imagine même chez les espèces où le mâle s’occupe de sa progéniture, ce qui est notamment le cas des oiseaux. L’analyse génétique des œufs au sein d’un même nid montre une paternité d’origine multiple chez 77% des espèces monogames (passereaux, rapaces, échassiers, oiseaux marins).

Nous appartenons à la classe des mammifères. En tant que tels, la parentalité humaine s’insère dans une suite d’évènements invariables issus de la nuit des temps : accouplement, grossesse et changements hormonaux, naissance, allaitement maternel et soins attentionnés au bébé, enfin un lien d’attachement qui prend place et perdure… longtemps. Mais qu’en-t-il exactement ?

Parentalité et mécanismes biologiques

Chez les mammifères non-humains, l’émergence de la maternité est intimement liée aux évènements qui terminent la gestation. En l’espace de quelques jours, quelques heures parfois, une femelle va vivre un changement comportemental drastique : s’isoler des congénères ou au contraire s’agréger en nombre, construire un nid ou chercher un refuge, s’intéresser à un nouveau-né et se détourner des siens, choses inimaginables peu de temps auparavant.

Des espèces très grégaires (chamois, biche, chevreuils) s’isolent de leur groupe et se cachent pour donner naissance; certaines femelles ne le rejoindront qu’après une semaine, accompagnées de leur petit. Même les prédatrices (louves, lionnes) choisissent la quiétude d’une tanière ou d’un abri. Quant à la lapine, elle construit un terrier à l’écart de la garenne où elle ira allaiter sa…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Raymond Nowak, Directeur de Recherche CNRS, Inrae