Petit jeu olfactif. Prenons ensemble quelques secondes pour penser à une odeur agréable que nous aimons, puis à une odeur désagréable que nous n’aimons pas. Personnellement, je dirai que j’apprécie l’odeur de citron, mais que celle de l’ail me déplaît. Nous venons de faire un tour du côté de nos préférences olfactives individuelles. En effet, pour chaque odeur, nous lui attribuons une appréciation sensorielle, comme un curseur cérébral, allant de l’agréable au désagréable, en passant par le neutre, et toutes ces positions définissent notre lien aux odeurs. Mais nos préférences olfactives ne se résument pas qu’à ce « j’aime/je n’aime pas » et proviennent de mécanismes cérébraux complexes et fascinants qui sont très étudiés par les neuroscientifiques.
Nous sentons différemment au cours de notre vie
Les préférences olfactives apparaissent très tôt dans notre vie, dès notre naissance. De façon innée, les odeurs contenant du soufre par exemple signent dans la nature la présence de putréfaction ou de plantes toxiques. Elles sont donc répulsives pour le nouveau-né, qui ne les a pourtant jamais senties auparavant. La raison est ici évolutive, puisque les êtres ne pouvant détecter et percevoir ce type d’odeurs n’ont pas survécu. Nous sommes désormais tous équipés d’un circuit cérébral qui lie l’odeur d’œuf pourri à une expression du visage caractéristique de dégoût.
Cependant, les odeurs soufrées ne resteront que partiellement répulsives pour l’adulte : nous sommes très sensibles à l’odeur soufrée du gaz de ville qui nous alerte, mais les odeurs soufrées dégagées par la cuisson de l’ail ne sont plus aversives pour les personnes qui en apprécient la consommation dans un plat. À l’inverse, quelques très rares odeurs comme celle de la vanille ou de la banane peuvent être perçues instantanément et de façon plaisante par le nouveau-né. Mais, nous l’avons vu…
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Auteur: Hirac Gurden, Directeur de Recherches en Neurosciences au CNRS, Université Paris Cité

