Sera-t-on prêt pour les Jeux olympiques ? Le Grand Paris Express ne sera pas terminé pour les Jeux comme le président de la République l’avait promis et on le sait depuis 2021 au moins mais les équipements nécessaires à la tenue des épreuves sont achevés ou le seront prochainement même si certaines épreuves, comme celles prévues dans la Seine, font actuellement l’objet de polémiques.
Les plus gros doutes et débats portent sur des sujets qui renvoient sourdement aux préoccupations quotidiennes des Franciliens.
Pourra-t-on se déplacer – et à quel prix – dans une ville envahie de touristes ? Vivre normalement si l’on habite à proximité de la Seine ? L’insécurité de la petite délinquance et celle du terrorisme vont-elles créer des situations infernales et éventuellement dangereuses pour la démocratie ? Et qu’en est-il de l’hôtellerie (700 000 chambres à Paris), de la montée des prix dans les services et la restauration, des transports aériens et de leur bilan carbone, des profits douteux des loueurs de logements sur Airbnb (145 000 logements mis en location contre 65 000 habituellement, des étudiants mis en demeure de céder leurs chambres ?
Le sujet est bien moins la préparation que l’impact de l’événement lui-même : à court terme, à l’échelle de la durée des jeux et de l’expérience quotidienne, mais aussi à beaucoup plus long terme. Les équipements olympiques ou créés à l’occasion des jeux, s’ils ne deviennent pas de tristes « éléphants blancs » dont on ne sait plus quoi faire, peuvent durer des décennies, et les jeux devenir l’événement qui fonde ou révèle un nouveau cycle comme celui du renouveau de Barcelone en 1992 après que la ville se soit relevée de la stagnation que lui avait imposé le régime franquiste.
La logique de l’héritage
Tout cela appelle une autre logique, celle de l’héritage, qui entre de plus en plus dans un récit légitimé,…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Alain Bourdin, Sociologue et urbaniste, École d’urbanisme de Paris-Lab’urba, Université Gustave Eiffel

