« Ce serait un rêve devenu réalité d’être la première à décrocher une médaille pour l’équipe paralympique des réfugiés », confiait Zakia Khudadadi avant la compétition au Comité international paralympique. C’est chose faite.
En arrivant en demi-finale du tournoi de taekwondo, dans la catégorie Femme K44 des moins de 47 kg, la taekwondoïste afghane Zakia Khudadadi a remporté jeudi 29 août, au premier jour des Jeux, une victoire symbolique en décrochant le bronze, et donc, la première médaille paralympique de l’équipe des réfugiés depuis sa création à Rio en 2016. Et cela… sans combattre la dernière manche.
Des bonds de joie
Repêchée après les quarts de finale, la jeune femme l’emporte en fin d’après-midi face à la Turque Nurcihan Ekinci (9-1) et explose de joie. Bondissant d’un bout à l’autre du tapis, l’athlète envoie des baisers à la foule qui scande son nom. Dans un moment d’émotion, son entraîneuse française Haby Niaré la prend par la taille et fait tournoyer.
Une qualification en demi-finale qui a déjà des allures de médaille. En effet, son adversaire, la Marocaine Naoual Laarif, s’est pris un coup de pied en pleine tête en début d’après-midi et a quitté le tapis sur une civière. Elle n’a plus combattu depuis et a déclaré forfait.
Aussi, quand Zakia Khudadadi monte sur scène pour disputer le bronze, elle connaît déjà sa victoire. Rayonnante, elle salue la foule qui l’acclame en sautillant et se jette dans les bras de Haby Niaré, « la meilleure des coachs ». Les deux s’effondrent de bonheur sur le tatami avant de se relever et de faire le tour de l’enceinte en brandissant la bannière des paralympiques aux trois virgules rouge bleue et verte.
Elles sont bientôt suivies par un drapeau français, symbole du pays qui a accueilli la jeune Afghane il y a trois ans, lorsqu’elle a fui Kaboul tombée aux mains des talibans. Et comme un avant-goût des couleurs…
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Auteur: Vinciane Joly

