Devant le plan du Grand Paris ; 25 octobre 2023. © Alexandra Bonnefoy / RÉA

Paris et ses banlieues : je t'aime, nous non plus

Le « Grand Paris » date du… Second Empire ! L’historien Emmanuel Bellanger, conseiller scientifique de l’exposition « Banlieues chéries », au Musée de l’histoire de l’immigration, raconte l’histoire méconnue et mouvementée des rivalités, mais aussi des alliances entre Paris et ses banlieues.

L’exposition « Banlieues chéries » raconte des territoires résolument contrastés. Comment le Grand Paris s’inscrit-il dans cette histoire ?

Emmanuel Bellanger Composites, les banlieues sont intrinsèquement forgées par la diversité, mais leur filiation commune reste le lien à la ville-mère. À Paris, comme dans d’autres métropoles en France ou en Europe, elles se déclinent en un jeu de couleurs. La banlieue verte désigne la banlieue nourricière, agricole et maraîchère, qui contribue à l’approvisionnement de la capitale, cette fonction fondamentale, gage de paix et de concorde sociales.

Très tôt, s’y ajoute la banlieue bleue, cossue et de villégiature, où les classes les plus aisées, cherchant à échapper dès le XIXe siècle à la promiscuité, à la densité et aux miasmes parisiens, viennent se ressourcer. Épousant le plus souvent le tracé du chemin de fer vers la capitale, elle deviendra peu à peu la banlieue résidentielle, essentiellement bourgeoise, avec ces paysages de bords de fleuves et ces maisons en meulière, que l’on retrouve notamment à l’ouest mais…

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