Le gouvernement a fait transcrire dans la loi l’accord signé entre le Medef et les syndicats CFDT, CFTC, FO et CFC-CGC sur le « partage de la valeur ». Cette loi oblige les entreprises de 11 à 49 salariés à mettre en place un dispositif de participation, d’intéressement ou de prime dite Macron. Il s’appliquera à partir du 1er janvier 2024 aux entreprises générant un bénéfice net d’au moins 1 % du chiffre d’affaires pendant trois ans de suite. Il s’agit d’étendre le dispositif existant depuis l’époque gaullienne pour les entreprises de 50 salariés et plus. 1,5 million de salariés seront concernés, s’ajoutant aux 9,5 millions qui perçoivent déjà ainsi quelque 23 milliards d’euros par an.
Le Medef s’est tellement félicité de l’accord obtenu des syndicats (sauf la CGT) qu’il faut en saisir la raison : ces dispositifs sont largement exonérés de cotisations sociales. Une aubaine pour ne pas parler d’une autre répartition de la valeur ajoutée et perpétuer le mythe de l’association capital-travail. Or, justement, cinq économistes viennent de réaliser une étude sur le sujet (1). Elle dit que, en France, au cours des cinquante dernières années de capitalisme néolibéral, la part salariale dans la valeur ajoutée brute (VAB) des sociétés non financières (SNF) est passée de 69 à 65 %. Cette baisse n’apparaît plus lorsqu’on examine le partage de la valeur ajoutée nette, une fois déduit de la VAB l’amortissement du capital productif. C’est le point fort de cette étude montrant la hausse importante de la part de la consommation de capital fixe (de 14 à 22 % de la VAB des SNF). La principale cause est le renouvellement accéléré des outils matériels et immatériels de production à l’ère de l’informatique et de la robotique. Il en résulte une forte baisse de la part de l’investissement net.
On comprend ainsi trois…
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Auteur: Jean-Marie Harribey

