C’est un atelier pédagogique de sensibilisation au changement climatique qui jouit d’un succès grandissant. La « Fresque du climat » revendique avoir touché 2 millions de personnes. Mais comment affecte-t-elle ses participants ? Une étude inédite montre que trois mois après y avoir pris part, la grande majorité des personnes n’ont pas tellement changé leur mode de vie.
Peut-être avez-vous déjà participé à un atelier de la « Fresque du climat », en tant que salarié, fonctionnaire, élu ou même simple citoyen ? Si c’est le cas, vous avez rejoint les rangs des près de deux millions de personnes revendiquées sur le site de l’association la Fresque du climat. Le principe en est le suivant : construire une fresque en mettant en lien des cartes intitulées, par exemple, « effet de serre » ou « acidification des océans » pour mieux comprendre le dérèglement climatique et son origine humaine. Les quatre dernières cartes qui clôturent la fresque décrivent les conséquences potentiellement dramatiques du dérèglement climatique : guerres, famines, maladies et déplacements de population.
La deuxième partie de l’atelier permet d’échanger sur les enjeux abordés, en donnant à chaque personne présente des clés pour réduire son empreinte carbone. Cette sensibilisation à grande échelle est une bonne nouvelle pour la planète, mais quel est son impact réel ? Notre équipe, composée de psychologues et de psychologues sociaux, a cherché à répondre à cette question.
Une évolution des comportements à court terme seulement
Pour y répondre, nous avons suivi 460 participants à l’atelier de la Fresque du climat pendant trois mois et comparé l’évolution de leurs comportements à ceux d’un groupe qui n’y avait pas participé. Les ateliers étaient organisés en entreprises, en collectivités ou dans des…
Auteur: Hélène Jalin, Doctorante en psychologie au Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire, Nantes Université

