Que la solidarité commence par une initiative individuelle, celle de préserver une vie dans les relations, sans que tout soit filtré à travers de systèmes de médiation sous surveillance ou transformé en interconnexions comptables. Ça ne se monnaye pas cette langue originaire qui nous traverse et qui n’est autre que notre façon singulière de nous lier aux autres, au monde vivant. Comment on incarne ça ? Comment on retrouve une immédiateté pratique du monde ?
Plus aucun muscle de tête. La passivité
abasourdit les chairs, détraque les comportements.
J’en ai contre la question sociale :
réduite à une gestion de notre obsolescence programmée,
elle assassine l’esprit.
Avant, nous habitions quelque part, aujourd’hui,
nulle part nous gouverne
et nous sevrons les besoins de cette machine abstraite.
Il faut être rentable en tout… en amitié, en amour aussi,
les réseaux sociaux se chargent de capitaliser nos rencontres.
Il y a de la camelote à écouler, soyons solidaires.
On nous fait des prix pour ça, des prix d’amis…
amis/ennemis…
La servilité en profite, elle se fait les dents.
Le fascisme en profite, il se fait passer pour un choix raisonnable.
L’engrenage ne prend que ce qu’on lui donne
mais y mettre un doigt, c’est déjà perdre le bras.
Je ressens quoi dans cette haine dont la routine s’emballe ?
Pendant que la terre boit la ciguë
l’âme est comptabilisée en « temps de cerveau disponible ».
Addiction : la consommation est une tétine savoureuse
que l’on peine à lâcher.
Souviens-toi de ton idiome, parle depuis ton idiome,
en lui se refait l’accord entre tes actes et tes paroles.
Chante ton chant, dis ta langue – c’est la seule arme…
vois alors, comme nous ne serons pas superficiels !
Écris toi-même ce qui est tien,
réitère tes attachements dans chaque choix que tu fais.
Tu refuses avec ta volonté et tu obéis avec ta volonté –
que fais-tu maintenant ?
Le…
Auteur: dev

