Partir un jour / Amélie Bonnin / 1h 34.
Dans l’effervescence et tout en découvrant qu’elle est enceinte, Cécile est sur le point de lancer à Paris son restaurant gastronomique. Mais elle apprend que son père a eu une attaque cardiaque. Elle qui néglige ses parents depuis longtemps se décide à aller leur rendre visite, loin de Paris. Voici l’amorce de Partir un jour, le premier long métrage d’Amélie Bonnin dont Thierry Frémaux a décidé de faire le film d’ouverture (hors compétition) de la soixante-dix-huitième édition du festival de Cannes – c’est la première fois qu’une première œuvre fait l’ouverture.
Pari osé, sans doute dans la même perspective de l’an dernier avec Le Deuxième acte de Quentin Dupieux, c’est-à-dire afficher pour commencer un esprit de légèreté. Il est vrai que Partir un jour a l’avantage d’être rafraîchissant avec sa forme de comédie musicale, dont toutes les chansons sont des succès populaires des années 1960 à 1980 mais revisités, du « Loir-et-Cher », de Michel Delpech, à « Cette année-là », de Claude François (ici, transformé en « Ces soirées-là » à la manière du rappeur Yannick).
Juliette Armanet convainc dans le rôle de Cécile et apporte sa voix subtile face à des comédiens (Bastien Bouillon, Dominique Blanc, François Rollin…) moins assurés dans le chant. Mais le contraste est plus touchant que problématique – le moment où François Rollin interprète « Cécile, ma fille » est l’un des plus émouvants.
Transfuge de classe
Cette question de la culture populaire est un aspect central de Partir un jour. Cécile est une transfuge de classe. Elle est passée du restaurant routier que tiennent ses parents où elle a grandi (décor principal du film) à…
Auteur: Christophe Kantcheff

