La surexploitation de l’eau
Une étude publiée dans la revue Science a étudié l’affaissement des sols de 82 grandes villes chinoises entre 2015 et 2022. La plupart des villes chinoises s’affaissent année après année de plusieurs millimètres. Près de la moitié de la surface de ces 82 agglomérations, qui abritent 74 % de la population urbaine chinoise, subissent un affaissement supérieur à 3 mm par an.
Dans certaines zones, le phénomène de subsidence est bien plus important : 15,8 % des surfaces étudiées subissent un affaissement supérieur à 1 cm chaque année. Certaines zones de la municipalité de Tianjin, quatrième agglomération du pays avec plus de 13 millions d’habitants, s’enfoncent même de plusieurs centimètres par an.
Plusieurs facteurs combinés peuvent expliquer l’affaissement des sols urbains à travers le monde : certains sont d’ordre géologique, d’autres sont liés directement à la l’activité humaine.
Tout d’abord, le phénomène est lié à la nature du substrat sur lequel repose les villes. La subsidence peut être provoquée par le poids des bâtiments, qui exerce une pression sur les sols, par la fonte du pergélisol dans les régions polaires, ou encore par les conséquences de la fin de la dernière période glaciaire.
Libérée du poids des anciennes calottes de glace, la croûte terrestre se rééquilibre encore aujourd’hui. Ce processus entraîne un soulèvement dans les régions proches des pôles, anciennement recouvertes de glace et provoque un affaissement dans les zones situées en périphérie de l’ancienne calotte.
Mais le facteur principalement mis en avant par les scientifiques est la perte d’eau souterraine. Une étude américaine, publiée dans la revue Nature Cities portant sur le phénomène de subsidence pour 28 grandes villes des Etats-Unis, explique que la majeure partie de la subsidence résulte d’activités humaines, « dont 80 % sont associés aux prélèvements…
Auteur: Eloi Boye

