Partout dans le monde, les vagues font déferler sur les littoraux

Les flots bleus et rouleaux écumeux qui font la joie des baigneurs peuvent se transformer en déferlantes destructrices. Malgré les dunes, malgré les digues, « il arrive que les vagues franchissent les obstacles naturels ou artificiels et viennent inonder des zones jusqu’alors protégées, dit à Reporterre Rafaël Almar, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). C’est ce qu’on appelle la submersion marine. » Le chercheur a coordonné une étude, publiée ce vendredi 18 juin dans la revue Nature Communications : elle révèle que les risques de submersion marine ont augmenté de près de 50 % à l’échelle mondiale entre 1993 et 2015. Et que ce phénomène pourrait encore s’accélérer, du fait du changement climatique.

Xynthia, Katrina, Haiyan… de tels épisodes dévastateurs ont été des submersions, c’est-à-dire des situations durant lesquelles « le niveau extrême des eaux côtières dépasse l’élévation maximale de la côte (dune, falaise, digue) », selon le communiqué de l’IRD. Ce « niveau extrême » — en clair le niveau de la plus haute vague — dépend de la hauteur « normale » de la mer, de la surcote due à la pression atmosphérique et aux vents générés par les tempêtes, et des effets du déferlement des vagues. Bizarrement, ce dernier facteur avait jusqu’ici été peu étudié par la communauté scientifique.

« Les satellites qui mesurent la hauteur moyenne de l’océan ne “voient” pas les vagues, explique M. Almar. L’effet des vagues n’est ainsi pas pris en compte par les prévisions du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat]. » Pourtant, « leur contribution à la submersion est au moins équivalente à celle de l’élévation des eaux liée à la fonte des glaces et au réchauffement des océans », constatait l’IRD dans une précédente étude. Ainsi, l’évaluation du risque de submersion était-elle lacunaire. Autre trou dans la raquette des prévisionnistes, et non des moindres, « on manquait de données précises sur la topographie des côtes pour évaluer le risque de submersion ». Or une dune de deux mètres de hauteur ou de huit mètres n’arrêtera pas les ondes avec la même efficacité.

Les dégâts de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, en 2005. Pixabay/CC/cgcolman

750 000 heures de submersions marines

L’équipe de Rafaël Almar s’est donc attelée à combler les vides. En s’appuyant sur des cartographies satellitaires nouvelles des littoraux et en prenant en compte…

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Auteur: Lorène Lavocat (Reporterre) Reporterre