« Pas ça, Zinédine » : lettre à Zidane sur le déni climatique

Cher Zinédine,

Sur la porte de ma chambre d’enfant, il y avait ton poster. Une affiche géante, en trois morceaux. Je renouvelais régulièrement la pâte adhésive, pour que ton buste ne bascule pas ou que tu ne perdes pas tes jambes — c’est déjà arrivé, je te présente mes excuses. Les journées où tu jouais le soir étaient toujours trop longues, jusqu’au moment où tu apparaissais enfin à la télévision. Tu pouvais couper le souffle d’un stade entier, d’un simple contrôle du pied.

J’étais chagrin quand tu as dit au revoir à l’équipe de France, le 9 juillet 2006, à Berlin. Tu t’es fait expulser, et le regretté Thierry Gilardi a dit : « Pas ça Zinédine. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. Pas après tout ce que tu as fait. » Et tout le pays — en tout cas, c’est l’idée que je m’en faisais — devait penser pareil. Cette phrase m’est revenue dimanche 27 septembre, à Bruxelles, à la salle de conférence de presse du stade Roi Baudouin. J’étais là, désormais journaliste à Reporterre, à l’âge que tu avais quand tu as inscrit ton doublé contre l’Angleterre dans les arrêts de jeu. Je suis le dernier à qui l’on a confié le micro.

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Je t’ai posé une question sur l’été que nous venons de traverser, et dont nous ne sommes pas tout à fait sortis. Cet été où Bordeaux, où tu as joué de 1992 à 1996, a été recouverte par la fumée d’un incendie parti de Saumos : 42 000 hectares brûlés, 220 000 personnes évacuées. Où, en Kabylie, dans le nord de l’Algérie, les feux (encore eux) ont fait 12 morts, dont 4 à Béjaïa, la wilaya de ton père. Ou la Méditerranée, qui t’a vu grandir à La Castellane, dans le nord de Marseille, traverse, encore aujourd’hui, une grave sécheresse.

Je t’ai demandé si cela te…

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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi