Une salle clairsemée s’est réveillée samedi 12 juillet au matin à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire). La veille, des membres du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) s’étaient retrouvés autour d’un concours de DJ et de « séances de variétés » – comme on nomme ici, dans le territoire rural des Mauges et plus largement dans l’Ouest, ces spectacles qui réunissent une succession de saynètes de théâtre, de chants et de chorégraphies. Une soirée qui traçait déjà le sillon thématique du week-end, consacré à la fête au village.
Le mouvement d’éducation populaire chrétien tourné vers la jeunesse rurale, héritier entre autres de la Jeunesse agricole catholique (JAC, un mouvement d’émancipation des jeunes paysans), a réussi à réunir jusqu’à 2 000 personnes des quatre coins de France durant le week-end prolongé. Il faut dire que l’occasion de se voir est rare. Le MRJC organise ce grand raout une fois tous les sept ans seulement. Sobrement baptisé « rassemblement national » auparavant, le mouvement s’est vu contraint de changer de nom et a rebaptisé son événement Les Grandes Rurales, pour éviter toute confusion malheureuse avec le successeur du Front national.
La lutte contre l’extrême droite était d’ailleurs au centre des animations du week-end. Quelques jours plus tôt, l’hebdomadaire L’Humanité révélait en effet que le milliardaire français ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin avait pris part, fin mai, au capital de Studio 496, une entreprise à l’origine du label Les plus belles fêtes de France, « première franchise de fêtes traditionnelles en France », selon son cofondateur Thibault Farrenq.
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Auteur: Mathilde Doiezie

