Pas de panique

Oskar Laske. — « Szene in einem Luftschutzkeller » (Scène dans un abri anti-aérien), 1945.

«Tous responsables » : la parution sous ce titre d’un petit guide de l’administration avait créé un certain émoi en novembre l’an dernier. Il proposait des gestes et réflexes jugés essentiels pour agir efficacement en situation de crise, et « susciter un engagement citoyen de la population ». Un guide s’adressant à tous les Français, diffusé à l’échelle nationale, relayé par les ministères, collectivités locales, associations, qui détaillait notamment le contenu d’un « kit d’urgence », à tenir prêt « au cas où », pour tenir durant les premières soixante-douze heures d’une crise, considérées comme les plus déterminantes : trousse de premiers secours, eau, savon, lampe de poche, bougie, réchaud, conserves, radio portative, papiers d’identité, argent liquide…

Lire aussi Thomas Jusquiame, « L’offensive culturelle de l’armée française », Le Monde diplomatique, septembre 2026.

Prévue de longue date, dans le cadre d’une politique de la résilience nationale initiée depuis 2022, la parution de ce guide avait été impactée par l’intervention au même moment, à la tribune d’un congrès des maires, du général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, appelant la France à « accepter de perdre ses enfants » en cas de conflit ouvert : un propos qui s’appliquait plutôt aux militaires, mais qui résonnait doublement, alors que le président Emmanuel Macron avait évoqué à plusieurs reprises la possibilité de déployer un jour des soldats français en Ukraine, au titre des garanties pour un futur accord de paix.

Effet anxiogène

Une précédente campagne en 2022 — « Tous résilients face aux risques : s’informer, réagir, se protéger » — dans toute la France, avec plus de 500 événements, avait été centrée sur…

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Auteur: Philippe Leymarie