Le roi des forêts est la star de Noël. Origine (contrôlée ou non), essence, prix, naturel ou artificiel, labellisé, il y en a pour tous les goûts. Néanmoins, il impose une logistique toute de précision et de coordination : livrer un arbre qui pousse sur plusieurs années, en moins d’un mois et dans toute la France, et ce sans père Noël.
Les sapins et leurs décorations de Noël trouvent leurs racines dans la culture germanique. Diffusés dans le monde entier au cours du XIXe siècle, ils sont devenus l’un des symboles de Noël comme l’a montré David Bertaina.
À l’Antiquité, les Celtes y voyaient un symbole du solstice d’hiver. Au Moyen Âge, en Alsace comme en Bavière, les guildes s’en dotaient pour rassembler leurs membres lors de fêtes autour du sapin. De la même manière, l’Église l’adoptait lors de ses célébrations liturgiques. Peu à peu, le sapin est domestiqué, passant de l’espace public à l’espace privé du foyer, devenant l’arbre de Noël par excellence. L’industrialisation le fait entrer dans l’ère de la production et de la consommation de masse. Aujourd’hui, l’écologie, les appellations d’origine et la fin du plastique modifient notre rapport au sapin. L’arbre conique devient iconique d’une civilisation capitaliste mondialisée, dont la sève est la logistique.
1/5 e des foyers français équipés d’un sapin
En France, environ 6 millions de sapins naturels sont achetés chaque année. Un cinquième des foyers français s’équipe d’un sapin pour Noël, et ce principalement dans les foyers qui comptent des enfants. Ce marché représente 200 millions d’euros. Comparativement, le sapin artificiel représente peu d’achats, car son intérêt réside moins dans son prix élevé que dans sa réutilisation.
À chaque conifère son origine et son label. Le Nordmann, originaire du…
Auteur: Alexandre Lavissière, Professeur de Logistique, CESIT – Centre d’Excellence Supply Chain, Kedge Business School

