Nîmes (Gard), reportage
« S’il vous plaît, on ne va quand même pas faire ça… Pas ici, pas à Nîmes ! » Sur la scène dressée sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, la voix de Rafael Lafare résonne, reprise par les « Non ! » d’une foule dense venue assister au rassemblement organisé par l’union de la gauche, le 18 mars. Comme lui, une dizaine d’habitants — enseignants, soignants, travailleurs sociaux — se succèdent au micro pour appeler à faire barrage à l’extrême droite.
Le choc du premier tour des municipales est encore brûlant. Avec 30,39 % des voix, le Rassemblement national (RN) est arrivé en tête, talonné de très près par la liste de gauche (30,05 %), qui rassemble plusieurs partis et des citoyens non encartés. « Soit deux bulletins par bureau de vote », insiste Amal Couvreur, numéro deux de Nîmes en commun, pour rappeler à quel point l’issue reste incertaine.
Dans cette ville tenue depuis vingt-cinq ans par la droite, le paysage politique s’est brusquement reconfiguré. Le dauphin du maire sortant, Franck Proust (Les Républicains), n’a récolté que 19,55 % des suffrages, tandis que Julien Plantier (divers droite), ancien premier adjoint, a obtenu 15,55 %. Les deux camps ont depuis fusionné, rendant le second tour plus serré encore.
Convaincre les quartiers populaires
Dès lors, sur le terrain, la campagne s’intensifie. Tracts en main, les militants de gauche détaillent le parcours du candidat RN, Julien Sanchez, vice-président du parti et ancien maire de Beaucaire, à 25 km de là.
Ils évoquent pêle-mêle l’imposition de la viande de porc sans alternative dans les cantines, l’installation d’une crèche de Noël en mairie, en dépit du principe de laïcité et malgré une condamnation du tribunal de Nîmes, ou encore une sélection des commerces du centre-ville en fonction de l’origine des commerçants, comme révélée par L’Arlésienne. À cela s’ajoutent…
Auteur: Estelle Pereira

