Lille (Nord), correspondance
Avant d’entrer dans le temple, une prêtresse revêtant un T-shirt à l’effigie de Nicolas Sarkozy ordonne à chacune et à chacun de se signer : « Au nom du pèze, du fric, et du Saint-Crédit. » Dans l’assistance, les soutanes, les smokings et les carrés Hermès se croisent. C’est ainsi que la cérémonie des Doigts d’Or, ou la grande messe organisée par le comédien Alessandro Di Giuseppe, alias Pap 40, a démarré ce 24 février au sein du théâtre Sébastopol de Lille.
L’occasion pour le (faux) gourou de la parodique Église de la Très Sainte Consommation, et figure locale, de remettre les Oscars du capitalisme. Peu après 20 heures, le Pap 40 s’est révélé à ses dévotes et dévots, le majeur en l’air, façon rockstar sur l’air de « Jump » de Van Halen. Le militant de la décroissance a commencé par dénoncer « ces écologistes qui voudraient que la nature reprenne ses droits », avant de lancer un zapping reprenant les plus grandes catastrophes climatiques de l’année.
À l’inverse des « écolos » et des « hystériques féministes » hués, les noms de Bernard Arnault, Vincent Bolloré et Total sont chaudement applaudis par un public hilare. Clou de la soirée, les trophées des Doigts d’Or ont récompensé les héros du capitalisme. Les animateurs phares de CNews et de C8 Pascal Praud et Cyril Hanouna, régulièrement condamnés par l’Autorité de régulation audiovisuelle (Arcom) pour leurs nombreux dérapages, ont remporté haut la main le Doigt d’Or du « meilleur chien de garde ».
Éric Ciotti, ex-président des Républicains, et Emmanuel Macron ont, eux, été auréolés du prix du « meilleur acteur » pour leurs revirements politiques. Le locataire de la Maison Blanche Donald Trump a, lui, remporté « l’extrême Doigt d’Or », tandis que la candidate mayennaise aux dernières législatives, Paule Veyre de Soras (RN), a écopé du…
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