Passés présents

Dans un moment ponctué, en France, par les renoncements des principales centrales syndicales (1) et, aux États-Unis, par l’extraordinaire mobilisation emmenée par les United Auto Workers (UAW), principal syndicat du secteur automobile, qui nous rappelle à point nommé qu’en de telles matières la résignation n’est jamais une fatalité, Des jours meilleurs (2) prend évidemment un relief particulier.

1

Qui donnent très fort l’impression d’avoir abandonné l’idée même d’appeler à une grève générale, plutôt qu’à de vaines journées de mobilisation…

Ce magnifique roman de Jess Walter narre en effet la découverte du syndicalisme ouvrier états-unien, au tout début du siècle dernier, à Spokane (État de Washington), par deux frères – Gig, 23 ans, et Rye, « pas encore dix-sept » – qui tentent de survivre dans « un monde » extraordinairement brutal, « où une poignée de riches vi[t] dans les nuages pendant que les autres, affamés et réduits en esclavage, dorm[ent] à même le sol, pour être arrachés à leur sommeil par une meute hargneuse » et policière« qui v[eu]t les noyer » – pour les punir de leur indocilité.

2

Jess Walter, Des jours meilleurs, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch, 10-18, 475 pages, 9,60 euros.

On l’aura compris : lorsqu’il nous plonge dans ce passé, ce fier et fort livre – dans lequel apparaît aussi l’impressionnante figure d’Elizabeth Gurley Flynn (1890-1964), future dirigeante, dans les années 1960, du Parti communiste des États-Unis d’Amérique – nous parle évidemment de notre présent : de notre monde à nous, dans…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Sébastien Fontenelle

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