Avec ses remparts que vient lécher le ressac de La Manche, ses pinacles gothiques dressés dans le ciel normand et sa Merveille, suspendue dans le vide, il est l’une des silhouettes les plus emblématiques du patrimoine français. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Mont-Saint-Michel draine chaque année près de 3 millions de visiteurs, dont 1,6 million pour l’abbaye. Mais il est aussi, depuis près d’un an, au cœur d’une querelle administrative, à l’aune d’un rapport de la Cour des comptes qui épingle la gouvernance bicéphale du site. C’est l’une des particularités du mont, géré pour sa partie patrimoniale par le Centre des monuments nationaux (CMN), mais aussi, depuis 2020, par un établissement public industriel et commercial (EPIC), au sein duquel siège plusieurs élus locaux, et qui a la charge de la promotion du site et de la préservation environnementale de la baie.
Le 10 juillet dernier, une partie de ses membres, dont son président Hervé Morin, également à la tête de la région Normandie, se sont fendus d’un courrier au Premier ministre, appelant « à la mise en place d’un nouveau modèle économique et de gouvernance plus vertueux ». Au cœur de leurs griefs : la répartition jugée trop inégale des importantes recettes perçues par le CMN via la billetterie du monument, alors que l’établissement public peine à assurer les dépenses liées à l’entretien des parkings, le renouvellement des navettes et…
Auteur: Romain David

