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Un jour, le physicien russe Piotr Kapitsa demanda à Paul Dirac son avis sur le livre Crime et Châtiments. Réponse laconique de ce dernier : « Très bien, mais l’auteur s’est trompé, car il a décrit deux levers de soleil le même jour ». Dirac parle peu, très peu et jamais pour ne rien dire. On raconte que ses collègues physiciens et ses étudiants avaient inventé une unité pour mesurer le débit de parole, le « Dirac », équivalent à « un mot par jour ». Liminaires et minimalistes, les paroles de Dirac ont donc un poids spécifique : ni longue tirade, ni remarque triviale. Pourtant, cet homme singulier mais flegmatique fut plus qu’un chercheur à l’imagination fertile et prolifère. Le silence de Dirac masquait ses dialogues très bavards, à l’aide d’un nouveau langage, avec des objets mathématiques qui vivent dans des espaces abstraits et qui révèlent l’harmonie et la « Beauté » des équations de la physique.
Une vie de passion pour les mathématiques
Dirac naît à Bristol le 8 août 1902. Il fréquente l’école primaire, puis le collège technique dans lequel son père enseigne le français. Très tôt à l’école, on le décrit comme un élève silencieux, sauf pour corriger l’instituteur. À 13 ans, un professeur lui offre, afin de l’occuper, un livre de géométrie riemannienne, qui généralise la géométrie traditionnelle d’Euclide dans des espaces courbes, une discipline normalement enseignée en 3e cycle de mathématiques à l’Université. Il dévore l’ouvrage, prémisse d’une vocation.
Toutefois, à l’âge de 16 ans, et sur demande express de son père, il étudie le génie électrique à l’université de Bristol. Dirac devient ingénieur en 1921, mais ce diplôme ne lui servira pas : il préfère changer…
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Auteur: Waleed Mouhali, Enseignant-chercheur en Physique, ECE Paris

