Paul Valet (1905-1987), la fulgurance au sortir de l'abîme

Il est réapparu en 2020 à l’occasion de deux livres qui chacun compilait plusieurs recueils épuisés depuis longtemps. Quoique disparu depuis une trentaine d’années, un poète de premier plan, c’est-à-dire bien davantage qu’un simple auteur de poèmes, revenait se signaler à l’attention de lecteurs fatigués peut-être du maniérisme des modes littéraires.

Dans la tourmente des années 1940 et des tragédies qui s’y rapportent, la famille de Georges Schwartz disparaissait les fours crématoires et le réseau de résistance auquel lui-même appartenait a été décimé à plusieurs reprises, il ne réchappe du désastre que par chance ou par miracle. Ainsi qu’il s’en ouvrira, ces épreuves lui ont fait recouvrer l’insécurité originelle, celle du naissant comme celle du mourant. Il est alors un survivant ayant pris le parti de la vie contre celui de l’existence, c’est-à-dire le parti d’une certaine verticalité contre celui d’une installation dans la durée. Faire carrière n’a donc aucun sens, fût-ce en tant que poète. Médecin dans une banlieue ouvrière, à Vitry-sur-Seine, il confesse n’avoir pas beaucoup de patients, peut-être, dit-il, parce qu’il ne se montre pas assez docte, trop peu bavard et peu rassurant. Ses lecteurs aussi sont plutôt rares, mais parmi eux Paul Éluard, Henri Michaux, René Char, et il aura aussi pour amis Maurice Nadeau, Pascal Pia et Emil Cioran. Ou encore Jean Dubuffet. Solitaire que les très fines antennes ont repéré, il s’exprime sous le nom de Paul Valet.

« Entre la vie et la mort
Je me glisse

Contre la vie et la mort
Je me heurte

Hors la vie et la mort
Je me rue » 

Né d’un père ukrainien et d’une mère polonaise, il a grandi en quatre langues : russe, polonais, allemand et français. Il a cinq ans quand, rentant de l’école il trouve son père effondré, en larmes, alors sa mère lui explique qu’il est arrivé un grand malheur : Tolstoï est mort….

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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