En France, la précarité gagne du terrain, selon les derniers chiffres de l’Insee. Deux indices publiés le 11 juillet 2024, concernant le taux de pauvreté et les privations, montrent « des tendances qui sont forcément inquiétantes », selon Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre. Aujourd’hui, 14,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et le nombre de Français contraints de renoncer à leurs besoins essentiels a doublé en l’espace de dix ans. Manuel Domergue attend des mesures fortes de la part de la nouvelle Assemblée nationale.
Deux études de l’Insee viennent d’être publiées, l’une sur le taux de pauvreté, l’autre sur la privation matérielle. Qu’est-ce qui ressort selon vous déjà de ces deux rapports ?
On observe une aggravation de la situation. Bien que cette détérioration ne soit pas spectaculaire, elle s’inscrit dans une tendance à l’exacerbation depuis quelques années. Le taux de pauvreté de 2022 confirme l’augmentation marquée de 2021, où plus de 500 000 personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté.
Concernant les privations matérielles, une hausse inquiétante est également notée. Le taux de privation matérielle et sociale atteint un niveau record depuis l’apparition de cet indicateur, s’élevant à 13,6 % en 2023. Cela est indéniablement préoccupant. Cette augmentation se concentre particulièrement sur les secteurs les plus touchés par l’inflation en 2022, à savoir l’alimentation et le chauffage. Cela confirme la dégradation de la situation pour les ménages les plus précaires.
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Pour le chauffage, la tendance est très claire. Le baromètre du médiateur…
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Auteur: Maxime Sirvins

