« Je ne saurais absolument pas quelles aides me correspondent, ni quelles démarches faire, ni où me présenter, ni avec qui parler… Ni rien. » Thomas, 37 ans, secoue la tête devant les caméras de TF1, dans un reportage du journal de 20 heures. Comme lui, des millions de personnes se retrouvent démunies en France face au difficile accès aux allocations sociales. La dématérialisation a encore accru la complexité.
Tapez dans un moteur de recherche la requête « À quelles aides ai-je droit ? ». En plus du site de l’État, service-public.fr, l’algorithme vous suggérera probablement les sites Mes-allocs.fr, demarchesadministratives.fr, aide-sociale.fr, ou mesallocations.fr… Ces sites vous expliquent d’abord les différentes prestations sociales. Vous voulez savoir à quelles aides vous pouvez effectivement prétendre ? Vous voilà redirigé vers un numéro surtaxé ou un simulateur assorti d’un service d’accompagnement, qui est payant.
La majorité de ces sites proposent un service téléphonique à 80 centimes la minute. D’autres sociétés ont une offre plus large. C’est le cas de Mes-allocs.fr, détenu par l’entreprise Expertaide, basée en Essonne. Ce site a d’ailleurs mis en avant le reportage de TF1 sur la difficulté à comprendre et toucher les allocations sociales. Ces services payants, pour faire valoir un droit censé être garanti par l’État, prospèrent sur la complexité des prestations sociales, et la lenteur des services publics, plus prompts à contrôler et à sanctionner, qu’à traiter convenablement les dossiers des demandeurs, comme l’illustre la situation des Caisses d’allocations familiales.
Trente euros pour pouvoir toucher ses allocs
Né en 2018, Mes-allocs.fr propose d’abord aux usagers de simuler gratuitement les prestations auxquelles ils pourraient avoir droit, parmi « plus de 1800 aides ». Ensuite, les personnes peuvent souscrire à un « service d’accompagnement…
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Auteur: Emma Bougerol

