Paysans, leurs solutions pour que foisonnent les circuits courts

Agriculture

« Il faut défendre l’accès des paysans aux marchés »

© Jonathan Chabert
Jonathan Chabert est maraîcher dans les Côtes-d’Armor, en circuit court.

« Les marchés sont une des voies pour soutenir les paysannes et paysans. Depuis des siècles, ce sont des lieux où nous avons pu apporter nos produits. Sauf qu’aujourd’hui, 84 % des vendeurs ne sont pas des producteurs, ce sont des revendeurs ou des grossistes. Beaucoup de paysans rencontrent ainsi de grosses difficultés pour obtenir un emplacement. Les places sont chères, ou alors tirées au sort. À Rennes, régulièrement, des producteurs reviennent avec toutes leurs marchandises, faute d’avoir obtenu une place. Il faut défendre l’accès des paysans aux marchés. Il existe aussi des fraudes : des commerçants qui se font passer pour des producteurs, ou qui abusent du terme “produit local”. Tout ceci peut changer : les mairies peuvent adopter des règlements de marché qui donnent la priorité aux paysans locaux et aux producteurs saisonniers. L’idéal serait un changement de loi : elle n’oblige actuellement qu’à 10 % de producteurs dans les marchés ; on voudrait passer à au moins 25 %. Les paysans sont déjà extrêmement fragilisés par les aléas du climat, si en plus on doit jouer des bras pour écouler notre production, on y joue notre survie. »

« L’alimentation ne peut pas être uniquement l’affaire des paysans »

© Émilie Dequiedt
Émilie Dequiedt est éleveuse de brebis laitières en bio dans l’Hérault. Elle transforme le lait en fromage, yaourt, crème, glace.

« Les collectivités locales doivent s’impliquer à nos côtés. L’alimentation, c’est très politique, ça ne peut pas être dans les mains uniquement des paysans. Avec les projets alimentaires territoriaux, il y a plein de pistes intéressantes qui émergent : créer des boutiques paysannes communales, où l’accès serait donné en priorité aux nouveaux installés ; mettre en place l’abattage à la ferme ; construire des unités collectives de surgélation, pour que les maraîchers puissent congeler leurs légumes d’été pour les vendre l’hiver…

Sur la restauration collective, les collectivités ont aussi un rôle à jouer. Les cantines représentent un débouché important pour les producteurs… mais ça fonctionne mal, parce qu’il n’y a pas d’adéquation entre les produits qu’on a et les besoins d’un restaurant. Un producteur n’a souvent pas les volumes nécessaires, et puis il va vendre des kilos de…

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Auteur: Lorène Lavocat Reporterre

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