« Pêche durable ». Alors que ce concept devrait être simplissime — une pêche qui ne détruit ni la nature ni les humains — la réalité est bien plus sombre : la vaste majorité des logos vantant une « pêche durable » s’approvisionnent auprès des méthodes de pêche les plus destructrices.
Et pour cause, il n’existe aucune définition universelle et contraignante de ce qu’est une « pêche durable » et les décideurs politiques ont délégué depuis des années leur propre gestion aux acteurs de la pêche industrielle. Ces derniers se sont donc emparés du concept de « pêche durable » et l’ont vidé de toute substance pour qu’il reflète leurs pratiques désastreuses.
Les 11 règles d’or pour une pêche sociale et écologique
Pour renverser cet état de fait, une trentaine de chercheurs ont planché — pendant plus de deux ans et à l’initiative de l’association BLOOM — sur une redéfinition universelle de ce que devrait être la « pêche durable ». Le résultat a été publié en septembre 2024 dans l’une des revues du prestigieux journal scientifique Nature, sous la forme de 11 Règles d’or pour une pêche véritablement sociale et écologique. Parmi ces mesures, nous pouvons citer :
- L’interdiction des méthodes de pêche destructrices ;
- la limitation de la taille des bateaux de pêche ;
- la protection des espèces et des habitats vulnérables ;
- le bannissement de la pêche illégale ;
- la suppression des subventions néfastes ;
- la protection des droits et des moyens de subsistance des humains.
Alors que ces mesures semblent être, à première vue, de bon sens et assez évidentes, elles sont en réalité très loin de la réalité de terrain et de ce que les acteurs de la pêche industrielle et de la grande distribution entendent par « pêche durable ».
En effet, les labels de pêche « durable » inondent les rayons de nos supermarchés. Ils rassurent les consommateurs et alimentent une vision fantasmée…
Auteur: Tribune

