Première productrice de poissons, de crustacés et de coquillages de France, la Bretagne tente-t-elle de louvoyer contre les réglementations européennes ? Le 28 juin, son président Loïg Chesnais-Girard (du groupe social-démocrate) doit soumettre au vote du Conseil régional la création d’un nouveau fonds de co-investissement, Breizh up Pêche. Doté de 3 millions d’euros d’argent public, ce programme d’aides vise, d’après la majorité régionale, à renouveler et décarboner une flottille de pêche vieillissante. Des associations et élus écolos craignent que ce dispositif contourne l’interdiction de subventionner la construction de nouveaux navires, mise en place par l’Union européenne en 2002 afin de freiner la surpêche.
La création de Breizh up Pêche s’inscrit dans le sillage de la feuille de route de la région pour le secteur de la pêche et l’aquaculture. Révélé en février par Splann ! et Reporterre, ce document stratégique avait été très critiqué par des pêcheurs artisans et des défenseurs de l’océan. La Région y exprimait notamment sa volonté de cofinancer le renouvellement des bateaux de pêche, y compris les semi-hauturiers et hauturiers de plus de 12 mètres, qui cumulent pourtant les tares sociales, économiques et environnementales, selon une récente étude.
C’est grâce à Breizh up Pêche que la région espère parvenir à cette fin. Concrètement, l’exécutif régional souhaite étendre le périmètre d’intervention de Breizh up, une société de co-investissement dont la Bretagne est actionnaire unique. Géré par la même société de gestion, Breizh up Pêche pourrait investir « selon les mêmes modalités qu’un investisseur privé », explique un document interne consulté par Reporterre, ce qui lui permettrait « de respecter la réglementation en vigueur ».
« Un gros risque de greenwashing »
Ce montage fait bouillir les experts de Bloom. Grâce à Breizh up…
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