Pédaler pour voir un film : à la découverte d'un cinéma écolo

Massy (Essonne), reportage

La nuit s’installe doucement sur le parc du bassin des Goachères, à Massy, dans l’Essonne. Une odeur d’herbe fraîche monte aux narines à mesure que la température se rafraîchit. À écouter les joyeuses stridulations nocturnes des criquets et des sauterelles, on oublierait presque que nous sommes en ville, à seulement quelques kilomètres de l’aéroport d’Orly. Un petit carré de pelouse a été transformé pour la soirée en cinéma de plein air, avec canapés de jardin, banquettes en bois et tapis de toutes les couleurs. Allongés sur des transats, une vingtaine de curieux et leurs enfants attendent la projection organisée par l’association Cinécyclo.

De sa voix grave et décidée, la projectionniste Lucille Chauvin prévient le public : la séance à laquelle ils s’apprêtent à assister est « un tout petit peu particulière ». Derrière elle, un écran blanc de 3 mètres de largeur flotte dans les airs. Deux haut-parleurs ont été accrochés aux lampadaires. En face de l’écran, sur un pouf en cuir vieilli, Lucille et son équipe de bénévoles ont installé un vidéoprojecteur. Tout le dispositif est relié à un vélo posé sous les arbres. « Ce soir, c’est vous qui allez pédaler ! »

L’association Cinécyclo organise depuis 2014 ces séances de cinéma vélo propulsées. Son but : « Créer du lien et amener du sens », selon son président Philippe Menth, en projetant des films dans des communes où l’offre culturelle et les lieux de rencontre sont limités, comme lors de la première tournée de l’association au Sénégal. « On a envie que les gens puissent voir des contenus poétiques et engageants, différents de ceux disponibles à la télé et en vidéo à la demande », explique Lucille Chauvin. Les films diffusés abordent souvent des thématiques ayant trait à la biodiversité ou aux relations entre les êtres humains et le reste du vivant. « On essaie de trouver un équilibre entre le divertissement, l’information et la prise de conscience », raconte la projectionniste, espérant ainsi faire « bouger les choses ».

L’une des spectatrices pédalant lors de la projection. © Tiphaine Blot/Reporterre

Si la séance du soir se déroule à Massy, d’autres ont eu lieu à Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne) ou Sceaux (Hauts-de-Seine), et prochainement à Nocé ou Domfront (Orne). Car l’association suit un parcours itinérant. L’équipe se déplace en vélo de ville en ville, promenant son écran de cinéma sur les chemins de France au…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin, Tiphaine Blot Reporterre