Avec La Chambre d’à côté, en salle le 8 janvier 2025, le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar signe son premier film tourné intégralement en langue anglaise. Pas de Penélope Cruz au casting cette fois : ce sont Tilda Swinton et Julianne Moore qui tiennent l’affiche. L’esthétique est également plus sobre qu’à l’accoutumée. Cependant, d’autres éléments spécifiques au cinéma almodovarien sont bien présents. Mais, au fait, à quoi reconnaît-on un film d’Almodóvar ?
Le générique du film commence et dans la salle du cinéma, on entend : « Ça se voit que c’est d’Almodóvar. »
Quelque chose d’inattendu et de bizarre se produit dans la vie de tous les jours, et quelqu’un dit : « La situation semble sortir d’un film d’Almodóvar. »
Extravertie et exubérante, une personne assure : « Si Almodóvar me connaissait, il me mettrait en scène dans ses films. »
En Espagne, il n’est pas rare d’entendre ce genre de phrases. L’univers artistique du réalisateur Pedro Almodóvar a imprégné la société espagnole au point que le néologisme « almodovarien » est utilisé pour qualifier certains événements, personnes, lieux ou objets qui rappellent l’esthétique caractéristique de ses films. Mais qu’est-ce qui est si marquant et personnel dans cet univers ? Qu’est-ce qui en fait une référence pour parler de réalités en dehors de son art ? La clé réside dans sa théâtralité.
Ce qui fait un film d’Almodóvar
Lorsque Femmes au bord de la crise de nerf est sorti en 1988, devenant le premier grand succès international de Pedro Almodóvar, deux choses ont attiré l’attention. La première est sa relecture de la comédie hollywoodienne classique de type « screwball comedy » (sorte de comédie romantique…
Auteur: Mario de la Torre Espinosa, Teoría de la Literatura y Literatura Comparada, Universidad de Granada

