Peinture, lunettes… En Bretagne, les coquilles d'huître se recyclent

Trinité-sur-Mer (Morbihan), reportage

Le cri des mouettes ne se fait plus entendre. Le brouhaha des machines de Kermancy a pris le dessus. Engouffrés dans l’anse de Kervilor, à la Trinité-sur-Mer, à l’embouchure de la rivière de Crac’h, des femmes et des hommes s’affairent. Jour après jour, l’Excalibur ramène à quai de belles huîtres plates et creuses. Au volant de son engin, un homme paré d’une cotte jaune à bretelles décharge petit à petit les caisses foisonnantes du bivalve si précieux jusqu’à la chaîne de tri. Dans l’exploitation des Tanguy, on le travaille depuis bientôt 50 ans. C’est entre les fêtes que la saison bat son plein. « On est dans le jus », lance Mickaël, qui a pris la relève de son père, Ludovic. Accoudé au comptoir de son espace de dégustation, l’ostréiculteur reçoit des coups de fils de restaurateurs et autres clients. Un peu plus loin, près d’un bâtiment, les coquilles vident forment un tas.

Les ostréiculteurs doivent attendre que le stock de coquilles d’huîtres soit important avant de faire appel à l’association. © Antoine Irrien / Reporterre

« L’ostréiculture, c’est aussi beaucoup de déchets, indique le producteur. La baie de Quiberon est ouverte. Les huîtres vivent et grandissent à même le sol, et pas dans des poches. On a donc beaucoup plus de déchets coquillés qu’un sac peut contenir. » S’ajoutent à cela les déchets des parcs, les huîtres mortes, ou celles victimes de prédateurs naturels. En Bretagne, chaque année, elles sont quelques milliers de tonnes à se retrouver abandonnées.

Mickaël Tanguy, ostréiculteur à La Trinité-sur-Mer, est l’un des premiers à avoir rejoint la filière. © Antoine Irrien / Reporterre

À Kermancy, les éleveurs remontent les bivalves à la drague, une armature rigide traînée sur le fond. « Quand on drague, on trouve aussi de vieilles coquilles. Mais attention, nous ne sommes pas là pour bousiller les sols. » Le quarantenaire observe du coin de l’œil la pyramide d’huîtres vides qui se forme sur son exploitation.

« Ce n’est plus un déchet, mais une ressource locale »

Les coquilles vides prennent ensuite la route, à bord des camions de l’association Perlistrenn. À sa tête, Pascal Mangin, qui a travaillé pendant plus de 30 ans dans la gestion des déchets. « Il y avait quelque chose à faire, dit-il. Je m’en suis rendu compte avec tous ces coquillages morts qui jonchent les plages. » En 2014, l’actuel retraité frappe à la porte du Comité régional de la…

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Auteur: Reporterre

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