Comme dit ma femme, la question liturgique dans le catholicisme, c’est le sparadrap du capitaine Haddock. Difficile de lui donner tort. Indéniablement, le sujet taraude à des degrés divers l’Église depuis 1969. L’approche obsessionnellement théologico-canonique ayant des effets enkystant, je proposerai plutôt des observations froidement historiques rendant compte de cette récurrence, soit la mise en évidence des tendances structurelles du rapport du catholicisme romain à la liturgie depuis le concile de Trente.
La première est la dogmaticisation. Face aux liturgies de la Réforme, le catholicisme répond en inversant la logique de l’adage lex orandi, lex credendi. Désormais, la liturgie doit exprimer la foi. Au XIXe siècle, cette focalisation alimente les attaques des romanisateurs contre les liturgies « jansénistes » du XVIIIe siècle. Au XXe siècle, elle explique les critiques tradi-intégristes contre le rite de 1969, celui-ci étant jugé suffisamment ambigu pour ne pas produire nécessairement ses effets. Comparables sont les réponses des tenants de la réforme, qui jugent leurs opposants incapables d’intégrer Lumen gentium. L’ecclésiologie commande alors la liturgie, la focalisation sur la concélébration à la messe chrismale (inventée en 1955) le manifestant particulièrement.
La deuxième tendance est la propension à l’unification rituelle. L’application de Trente a visé à romaniser l’Église. Cette uniformisation centralisatrice fut contrebalancée par une pluralisation des années 1730 aux années 1870, spécialement en France avec les rites néo-gallicans. Ceux-ci furent emportés à partir des années 1830 par un intense mouvement de romanisation systématique, lorsque l’Église se constitua comme Cité transnationale alternative aux nations sécularisées en création.
Cette obsession unificatoire perdure. Il est considéré comme évident que la communion de foi nécessite…
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