Il n’aura pas fallu longtemps pour en avoir la confirmation : la « suspension » de la réforme des retraites est une arnaque. Les générations nées en 1964 et 1965 gagneront trois mois de retraite et un trimestre de cotisation puis la réforme se poursuivra.
Et encore, les salariés en carrières longues sont exclus de la suspension sous prétexte qu’ils auraient été bien servis par la réforme Borne. « On ne peut pas avoir fromage et dessert », a lancé un haut fonctionnaire plein de mépris. Pour les riches, c’est menu trois étoiles tous les jours, apéritif et digestif inclus, mais pour un travailleur qui a commencé à 17 ou 18 ans, partir un peu plus tôt serait un privilège !
Il faut la crapulerie des dirigeants du PS et de certains chefs syndicaux pour présenter ce tour de passe-passe comme « une grande victoire pour les travailleurs ».
Cette manœuvre n’avait pas d’autre objectif que de permettre à Lecornu de présenter le budget de combat contre le monde du travail que les marchés financiers exigent.
Les retraités verront leurs pensions gelées et l’abattement de 10 % sur leurs revenus supprimé. Les malades subiront le doublement des franchises médicales et de nombreux déremboursements. Les fonctionnaires, c’est-à-dire les employés territoriaux, les enseignants, les hospitaliers, verront leurs salaires bloqués tandis que de nombreux postes seront supprimés dans les services utiles à la population. Il faudra sans doute ajouter le gel du barème des impôts, celui des prestations sociales et une multitude d’attaques qui se nicheront dans les petites lignes de ce budget patronal.
Certes, depuis une semaine les députés s’agitent en prétendant modifier la copie. Sur le mode « retenez-moi ou je fais un malheur si vous n’introduisez pas une pincée de taxe sur les riches », le PS menace de censurer. Puis il négocie en coulisses avec le gouvernement, qui lui-même ne veut pas froisser la droite.
Au-delà de leurs…
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