En janvier dernier, le cri des pompiers résonnait dans les rues de Lille. Dans un élan de colère, ils réclamaient simplement l’application de la réforme du financement des SDIS, ce mécanisme de subvention qui dépend aujourd’hui des collectivités locales, elles-mêmes à bout de souffle pour financer la sécurité civile. Une colère qui ne semble avoir été captée que par les CRS qui ont mis à mal la manifestation.
Actuellement, les SDIS sont financés à 54% par les départements, selon l’Assemblée des départements de France. Le reste de la facture revient aux communes et intercommunalités. Le problème : ce système, devenu obsolète, a été verrouillé par une loi de 2002. Une France qui ne connaissait ni vagues de chaleur intempestives ni sécheresses à répétition. Cet été 2026, les interventions bondissent partout. +30% dans le Vaucluse depuis juin. Près de +50% en Haute-Garonne. Et ni les départements ni les communes ne veulent payer la facture.
Le déficit, lui, ne fait pas débat. La dette cumulée des SDIS atteint 1,4 milliard d’euros, tous départements confondus, selon une mission flash de l’Assemblée nationale. Des parlementaires ont chiffré une piste : réaffecter aux SDIS une fraction de la taxe sur les conventions d’assurance. Un gain estimé à 1,1 milliard d’euros par an.
Quatre ans après, la Gironde continue de brûler et la réforme a été reportée à de multiples reprises. Le matériel promis n’a pas suivi. Sur les 1083 engins annoncés après le pacte capacitaire de 2022, 600 au mieux seront livrés d’ici fin 2027. Côté flotte aérienne, la France maintient 12 Canadair, dont onze réputés opérationnels. Mais le 25 juillet dernier, un commandant de bord a dénoncé sur franceinfo que seuls cinq étaient réellement disponibles ce jour-là. Une situation qu’il a qualifiée de scandaleuse.
Un rapport de l’Inspection générale de l’administration a jugé ce modèle à bout de…
Auteur: Axel Guerillot

