Définition, hypothèse et objet
Notre propos est de situer ce débat, par la factualité de son argumentaire, comme une démarche de pensée critique visant à approprier l’intelligence éthique comme un outil de cognition et de réarmement de la culture à des fins d’autodéfense citoyenne pour des comportements plus respectueux de l’humain. Chemin faisant commençons par définir pour mieux préciser l’objet de cette stratégie de manipulation que les experts en ingénierie cognitique appellent influence cognitive orientée.
Dans l’article Guerre cognitive et influence psychologique, paru en 2024, dans le numéro spécial Guerre cognitive de la revue Ingénierie cognitique, Bernard Claverie et Jean-François Trinquecoste précisent que : « L’influence cognitive orientée consiste […] à altérer, modifier ou empêcher le déroulement autonome de la pensée d’une cible humaine ». Évidemment, le lecteur avisé pose immédiatement la question : quel peut être l’objectif d’une telle stratégie ? pour qu’elle ait été utilisée, comme nous le postulons, pendant la Coupe du Monde au détriment de la sélection de football de l’Argentine.
En nous référant aux mêmes auteurs et à la même source, nous pouvons lire que : « L’objet de l’influence cognitive orientée […] est d’abord l’intelligence conçue dans ses dimensions de rationalité, consciente ou inconsciente. Elle peut s’appuyer sur les automatismes de pensée, […] et utilise pour cela les habitudes, les traits de personnalités, les croyances et convictions, et toutes les dimensions utiles du souhait de conformité sociale, de la psychologie des relations interpersonnelles, des croyances, ou des contraintes psychosociales et cognitives. Elle s’attache également à agir sur l’affectivité, notamment sur le stress, les émotions et la motivation, à provoquer ou entretenir les conflits psychiques, et à exploiter l’écart référentiel au modèle que…
Auteur: Erno RENONCOURT

