La mort de Loana, première icône de la télé-réalité en France, a été annoncée ce mercredi 25 mars. Après avoir été moquée et humiliée de son vivant par l’immense majorité de la sphère médiatique, les nécrologies dégoulinantes se succèdent désormais. Entre les lignes de nombres des réactions médiatiques liées à son décès, on peut lire en creux qu’elle était une victime et que c’est la télé-réalité qui l’a tuée.
Ces diverses réactions reposent sur un présupposé : la télé-réalité c’est du voyeurisme, et le voyeurisme c’est mal. Pourtant Loana ne se considérait pas comme victime de la télévision : elle l’a répété à de nombreuses reprises, « La télévision m’a exploitée comme moi je l’ai exploitée, c’est 50 – 50 »[1]. Cette affirmation mérite que l’on s’y arrête un instant : sans souscrire au narratif selon lequel « la téléréalité c’est la revanche du prolétariat »[2], on ne peut pas balayer sa parole d’un revers de main. Si les explications psychologisantes et les critiques morales de la télé-réalité sont nombreuses, tentons comme le suggère Nathalie Nadaud Albertini (2013) d’aller au-delà, en nuançant le binarisme entre domination et résistance.
Avant de débuter l’analyse, deux précisions importent. Premièrement, compte tenu de mon travail (je fais une thèse sur la télé-réalité), je fais partie de celleux qui tirent un profit, au moins symbolique, de la vie de la première star de télé-réalité en France. J’espère toutefois ne pas participer au cirque de charognard·es en cours, qui ne lui offrent leur empathie que post-mortem. Ce cirque est d’autant plus nauséabond que Loana n’est plus là pour y répondre, et que, dès lors, on peut bien lui faire dire ce qu’on veut.
Deuxièmement, les circonstances de sa mort ne sont toujours pas claires et appellent donc à la prudence. Le fait qu’une grande partie des réactions médiatiques ont…
Auteur: romain romain

