Dans la continuité de notre interview avec Romain Graziani (Les Lois et les Nombres) sur l’invention asiatique du totalitarisme comme pratique et idéologie de la loi-algorithme (le fa des Légistes antiques), surveillance généralisée, solidarité pénale collective et essaim corrompu de fonctionnaires-mandarins sous le pilotage du centre impérial, nous invitons Chloé Froissart, professeure de sciences politiques à l’INALCO au département d’études chinoises et Eva Pils, professeure de droit à l’université de Nuremberg, pour leur participation à l’élaboration du recueil d’articles et d’entretiens que constitue Penser en résistance dans la Chine d’aujourd’hui (dir. Anne Cheng et Chloé Froissart).
À voir lundi 24 novembre à partir de 20h :
Nous avons engagé, il y a maintenant quelques temps, une conversation générale sur Lundimatin consacrée au fascisme et à ses variantes. Nous n’avions pas évoqué le concept de « totalitarisme » pour de multiples raisons. L’une de ces raisons est que si nous avons vu – avec Alpa Sha – les pratiques fascistes des tenants de l’Hindutva, du RSS et de Modi en Inde (dont la tonalité est d’inspiration nazie et fasciste italien) –, nous n’avions pas étudié le « fascisme » à travers l’histoire russe ou chinoise. Nous avons perçu ce qu’était la guerre en Ukraine grâce à de brillants entretiens, mais n’avions pas encore essayé de comprendre les spécificités « eurasiatiques » et asiatiques du fascisme (Russie, Chine, Japon).
Avec Penser en résistance dans la Chine d’aujourd’hui, le saut est fait. Car depuis 2012, de profondes tendances totalitaires – dont certaines viennent du Légisme antique, d’autres de l’exemple soviétique et du stalinisme, d’autres encore des délires spécifiques du Mao d’après 1957 – font retour en Chine, après une parenthèse complexe. « On…
Auteur: dev

