Penser la prison à l’aune de l’écologie

Cet été, les vagues de canicule ne se sont pas arrêtées aux portes des prisons. Dans un contexte de durcissement des conditions de détention et d’augmentation continue du nombre de prisonnier·ères, marqué notamment par un accès limité aux douches et aux ventilateurs ainsi que par des températures extrêmes dans les cellules, plusieurs décès de détenus ont été rapportés.

Aux États-Unis, la surmortalité des prisonnier·ères en raison de la chaleur est bien documentée.

Compte tenu du changement climatique, je plaide ici pour que la prison soit pensée également comme une question écologique. Je le fais depuis une perspective de critique radicale de la prison, celle de l’abolitionnisme pénal, qui considère que la prison n’est pas une réponse adéquate au phénomène social du « crime » et que ses effets néfastes sont nombreux. Mes réflexions s’appuient principalement sur la criminologie verte, ainsi que sur la situation aux États-Unis. Elles n’en sont pas moins, à bien des égards, transposables ailleurs.


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Les prisons constituent des environnements toxiques. Certaines sont implantées sur des sites pollués, mais leur toxicité tient souvent aux conditions de vie à l’intérieur, notamment en matière d’air (par exemple, l’exposition au tabagisme passif), d’eau, d’éclairage et de nuisances sonores. Aux États-Unis, en particulier au Texas, la surmortalité des prisonnier·ères en raison de la chaleur est bien documentée et a donné lieu à d’importants contentieux judiciaires.

Les personnes détenues sont particulièrement exposées aux catastrophes dites « naturelles ». En France, les évacuations liées aux…

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Auteur: Gwenola Ricordeau