Penser les nouvelles sécurités sociales

Les luttes contre le démantèlement de la protection sociale sont toujours d’une très grande intensité, comme en 1995. Malgré les avancées de la marchandisation, de la concurrence et de l’individualisme, le principe d’une solidarité pour faire face aux inévitables fragilités de la vie reste fondateur du lien social pour la majorité. Cette solidarité est monétaire, il s’agit de verser un revenu à ceux qui n’ont pas la possibilité de travailler. Depuis les années 1990, cette sécurité sociale a été affaiblie par les politiques économiques néolibérales.

Lutter contre ces politiques qui détruisent le lien social et développent la pauvreté reste essentiel. Mais ces luttes doivent viser plus que la seule solidarité monétaire, à l’heure du capitalocène. Elles doivent renouer avec la dimension de résistance qu’avaient les caisses de secours mutuels au XIXe siècle. Ces caisses servaient de caisse de grève. La capacité de la résistance ouvrière se mesurait à la capacité de faire durer une grève par une certaine autonomie de subsistance vis-à-vis des marchés capitalistes.


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Les grandes grèves ouvrières du début du XXe siècle ont pu durer car les usines n’étaient pas loin du monde paysan, et l’autonomie alimentaire était pensée explicitement comme une « arme capitale de la lutte ». Le patronat et les dirigeants politiques du Second Empire ne s’y sont pas trompés puisque les caisses de secours mutuels ont été coupées de cette dimension de résistance en contrepartie de leur légalisation.

Penser la sécurité sociale du XXIe siècle, c’est renouer avec la dimension politique de la solidarité.

Penser la sécurité sociale du…

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Auteur: Mireille Bruyère

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