Le passé d’élu local du Premier ministre, ses premières déclarations affirmant vouloir ré-instaurer un dialogue respectueux et de confiance avec les collectivités, en rupture avec les injonctions et le mépris du Président et de ses différents gouvernements, laissaient entrevoir, enfin, la possibilité de relancer une décentralisation synonyme de développement de politiques de proximité et de démocratie locale renforcée.
Entendre n’est pas écouter. Présenter n’est pas construire ensemble.
Malheureusement, le discours de politique générale de monsieur Barnier et la réunion du comité des finances locales du 7 octobre suscitent une grande inquiétude chez nombre d’élus locaux, qui, une fois de plus, craignent que la décentralisation ne se résume à de simples mots qui ne répondront pas aux maux gangrenant notre République. Entendre n’est pas écouter. Présenter n’est pas construire ensemble.
Dans une société fragmentée comme la nôtre, où les haines, la colère et le désespoir sont attisés par les politiques injustes et inefficaces d’un État jacobin souvent coupé des réalités de terrain, il est dangereux de fragiliser les collectivités.
Affaiblir les collectivités en restreignant leurs marges de manœuvre, en supprimant méthodiquement les recettes qui permettent d’agir au service des solidarités territoriales, et dans le cadre d’une libre administration, pourtant constitutionnelle, c’est affaiblir la République.
La seule ambition comptable de court terme est un bien mauvais calcul.
D’un côté, il faudrait demander aux collectivités plus de 9 milliards d’euros d’économies en supprimant 5 milliards d’euros de recettes, priver le Fonds vert de 1,5 milliard d’euros, ou encore cultiver le silence sur l’augmentation nécessaire du Fonds de sauvegarde, geler des fractions de TVA, baisser le Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Fabien Bazin

