L’économiste marxiste Claude Serfati a publié il y a quelques mois un livre intitulé Un monde en guerres, aux éditions Textuel. Nous en avions publié un compte-rendu, de Nicolas Pinsard, auquel Claude Serfati répond ici. Il revient notamment sur sa conception de l’impérialisme contemporain, le rôle des hauts fonctionnaires conçus comme « capitalo-fonctionnaires », mais aussi les transformations des systèmes militaro-sécuritaires liées à l’intelligence artificielle.
L’objectif d’Un monde en guerres est de fournir aux lecteurs – chercheurs et citoyens engagés – quelques clés de compréhension sur les interactions des dynamiques contemporaines qui sont à l’œuvre sur le plan économique, environnemental et géopolitique[1]. La note de Nicolas Pinsard, qui a été publiée dans Contretemps, propose non seulement une recension de cet ouvrage, mais elle formule quelques pistes de recherche inspirées par sa lecture. Sa note était initialement destinée à commenter la présentation de mon ouvrage dans un séminaire académique[2], et Nicolas Pinsard inscrit son interpellation dans le cadre de l’école de la régulation dont il signale la quasi-absence d’intérêt pour le militarisme et les conflits armés.
Je le remercie pour l’effort de lecture et l’intérêt de ses commentaires. Ma réponse sera plus brève que sa note puisqu’elle ne portera que sur les points qui relèvent de cette ’interpellation’. J’aborde la multipolarité capitaliste hiérarchisée qui caractérise l’impérialisme contemporain puis la place des « capitalo-fonctionnaires » dans le capitalisme français. Je précise ensuite la contribution de l’intelligence artificielle à la consolidation des systèmes militaro-sécuritaires, une hypothèse qui conteste fortement celle d’une « autonomisation de la technique vis-à-vis de l’État » défendue par Nicolas Pinsard dans sa note. Je suis enfin moins optimiste que…
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Auteur: redaction

