Le train qui nous conduit de plus en plus vite vers la destination « extinction », est hors de notre contrôle, conduit par l’argent et sa « tendance irrésistible à l’auto-expansion », au profit. Walter Benjamin suggérait de tirer le frein d’urgence ; le sociologue et philosophe irlandais John Holloway propose plutôt de le faire dérailler. Parce que, dans notre monde, la richesse n’existe que comme argent, nous nous dirigeons vers la destruction de la planète, à force d’exploitation accrue, de misère, de violence et de guerre. Mais son règne aussi est fragile. Il lui oppose la « richesse contre l’argent », source d’espoir pour alimenter une digne rage contre le capitalisme.
Chaque jour, dans le journal, nous découvrons des « manifestations terribles de ce qui peut et doit être compris comme les éléments d’un système horrible », « d’un système social fondé sur le règne de l’argent », que nous ne pouvons accepter. « Et déjà notre rage nous guide vers la grammaire de l’espoir. » Mais celui-ci risque d’être asphyxié en se transformant en sentiment de culpabilité, plus ou moins apaisé par des dons à des organisations caritatives ou par un haussement d’épaule face à la conscience des forces systémiques à l’œuvre. Cette douleur-rage-frustration peut aussi devenir amertume, haine, racisme, sexisme, nationalisme et peur.
Après avoir démontré le « besoin urgent de dépasser “l’illusion de l’État” » dans Changer le monde sans prendre le pouvoir, et la nécessité de penser la révolution par la multiplication et la convergence des brèches dans CRACK CAPITALISM – 33 thèses contre le capital, Holloway s’intéresse à l’espoir qui libère, qui transforme la douleur en force créatrice. Il cite les premiers communiqués zapatistes (« Nous avons compris que tout ce qu’il nous restait était la dignité. Nous avons compris que grande était la honte de…
Auteur: dev

